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Éducation, économie et contexte politique au Maghreb

ABS-Maghreb

Depuis les printemps arabes, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts des pays du Maghreb. De la Libye à la Mauritanie, en passant par la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, des régimes politiques sont tombés, les économies font face à des crises successives et les populations sont en pleine mutation. Focus sur les grandes transformations qui sont à l’œuvre actuellement dans cette région hautement stratégique du monde.

L’éducation dans les pays maghrébins

La garantie d’une éducation de base pour tous les enfants reste un objectif clé dans les politiques publiques des pays du Maghreb. En effet, la scolarisation constitue le meilleur bouclier contre l’analphabétisme, le sous-développement et les tensions sociales. Au Maghreb, même si la qualité de l’éducation varie fortement selon les régions et les catégories sociales, les progrès réalisés depuis l’indépendance permettent un accès plutôt suffisant à l’éducation de base pour tous les enfants. 

Les efforts en vue d’augmenter le taux de scolarisation ont permis de passer de moins de 20 % au début des années 1960 à près de 80 % à la fin des années 1990. Aujourd’hui, l’accès à l’école primaire s’est quasi généralisé, en milieu urbain comme en milieu rural, et ce, pour les deux sexes. Néanmoins, l’impact de la scolarisation sur le développement technologique et économique de ces pays reste insuffisant.

L’économie au Maghreb

L’Algérie, première économie au Maghreb, a subi de plein fouet la chute brutale des cours du pétrole à cause de la crise sanitaire, qui a mis le monde à l’arrêt pendant plusieurs mois. Soumis aux aléas du marché pétrolier et aux fluctuations des cours des énergies fossiles, le pays est aujourd’hui également en situation de récession. Les recettes de l’État devraient atteindre 20 à 30 milliards de dollars en 2020, contre 36 milliards en 2019. Quant aux réserves de change, très dépendantes de la rente pétrolière, elles pourraient baisser à 51 milliards de dollars à fin 2020.

Au Maroc, même si le pays s’érige en modèle en matière d’industrie automobile et de transition énergétique, la croissance économique reste lente et dépend des aléas climatiques. Ainsi, à la crise liée à la Covid-19, s’ajoute la mauvaise campagne agricole de 2020. Selon les chiffres prévisionnels du ministère marocain de l’Agriculture, la récolte céréalière a chuté à 30 millions de quintaux, soit 42 % de moins par rapport à la campagne précédente. Le Haut-commissariat au plan prévoit une récession qui se limitera à 5 ou 6 % en 2020, accompagnée d’une contraction de la valeur ajoutée non-agricole, particulièrement au niveau du secteur industriel, du BTP et du tourisme.

La Tunisie, pour sa part, est doublement sanctionnée par cette crise sanitaire mondiale vu sa conjoncture économique compliquée, selon la Banque Mondiale. Cette dernière souligne, dans son dernier bulletin d’information économique consacré à la région MENA (“Middle East and North Africa”), que le pays « a des déficits jumeaux et un endettement élevé et des stocks de réserve limités, tandis que la croissance est anémique, l’emploi stagne et l’inflation est relativement élevée ». L’agence de notation financière Fitch Ratings s’attend à ce que l’économie tunisienne connaisse en 2020 sa plus forte contraction jamais enregistrée, tandis que le déficit courant se stabilisera à – 9 % du PIB. Le coup porté au commerce mondial, à l’industrie et au tourisme affectera gravement l’économie tunisienne qui était déjà très mal-en-point avant la crise sanitaire.

Le contexte politique dans la région

En raison de la position géographique du Maghreb, il est directement impacté par les événements ayant lieu en Europe, au Sahel et au Moyen-Orient. Les printemps arabes, ainsi que les changements politiques récents, notamment en Égypte et en Libye, attisent les tensions dans la région. Quant au conflit autour du Sahara occidental, qui oppose le Maroc au mouvement du Polisario, il est source de tension permanente entre le Maroc et l’Algérie, et constitue notamment un obstacle majeur à la réactivation de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), appelée des vœux des dirigeants de la région.

Fondée en 1989, l’UMA vise à promouvoir l’intégration régionale, mais cet objectif demeure inatteignable, à cause de l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix au Sahara occidental, parrainé par l’ONU. Par ailleurs, le conflit libyen envenime davantage une situation déjà fragile et tendue, avec d’une part le gouvernement de Tripoli, reconnu par les Nations Unies et soutenu sur le terrain par la Turquie, et d’autre part le maréchal Khalifa Haftar qui ne reconnaît pas le gouvernement de Tripoli et qui bénéficie du soutien des Émirats Arabes Unis, de la Russie et de l’Égypte.

Au Maroc comme en Algérie, les deux régimes en place font face régulièrement à des mouvements populaires qui demandent des changements politiques et économiques. Mais ces régimes demeurent réticents à une réelle ouverture du champ politique et avancent avec des pas de tortue vers une véritable démocratie. S’ils parviennent à maintenir l’ordre et à éviter le scénario égyptien, ils peinent toujours à amorcer un réel décollage économique qui permettrait d’absorber les dizaines de milliers de personnes actives qui arrivent au marché de l’emploi chaque année. Pendant ce temps, la Tunisie teste sa démocratie naissante et semble piégée dans un interminable processus de transition politique, dans un contexte où le pays est confronté à une profonde crise économique et financière. Pour sa part, la société civile dans les pays du Maghreb reste fragile et très dépendante des subventions étatiques.

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